
Pour la petite histoire, j'ai toujours apprécié Housse de Racket mais il m'était pourtant difficile à l'époque d'argumenter face à leurs détracteurs citant des paroles un peu légères issues de Forty Love. Pourtant en ce début d'année paraissait Château, premier extrait d'un futur album à venir. Au début je ne savais même pas que le duo parisien était derrière ce titre si sensuel. Après ça, j'ai immédiatement pensé que leur retour mettrait tout le monde d'accord. Pensée d'autant plus confirmée puisque c'est le grand Philippe Zdar qui s'occupe de la production.
Désormais chez Kitsuné, un de leur titre apparait dans une fameuse compilation du renard et ce pour la deuxième fois. Il s'agit de Roman, morceau qui dévoile ce coup ci un aspect plus puissant généré par le groupe. Cependant le lien avec le titre précédant est indéniable de par les sonorités employées. Qu'elles soient sombres et lourdes ou encore glamour, l'efficacité est toujours au rendez-vous grâce aux nombreuses mélodies synthétiques. Des synthétiseurs qui s'élèvent au nombre de quatre, c'est ce que nous expliquaient les membres de Housse de Racket pendant notre interview rappelez vous.
"L'album est half français, moitié english."
D'ailleurs ils nous précisaient également que la langue de Shakespeare serait également au rendez vous dans Alesia. Pour ce qui est des paroles françaises, elles n'ont guère évolué depuis l'ancien opus mais c'est également ça qui rend l'image du duo si kitch et tellement chic. Le mois dernier ce teaser m'avait d'autant plus intrigué: la musique correspondante s'appelle Aquarium, attention voici un tube en puissance. J'exulte tellement quand je l'écoute! C'est qu'entre cette introduction si mélodique, cette montée de plus en plus puissante sur plusieurs minutes, un refrain tellement prenant et puis cet outro survolté il y a de quoi s'émoustiller.
Une multitude de détails parsèment l'album pour diminuer la régularité des morceaux et augmenter la richesse de l'ensemble. Se composant de 14 titres, Alesia s'achève par trois démos, à l'époque ou les arrangements n'existent même pas, de quoi mieux cerner le processus de création de la formation. Housse de Racket rejoint désormais le cercle privé des plus grands artistes français. La sortie est prévue pour le 22 aout, vous m'y trouverez.

















Beirut – The Rip Tide (2011)
Nous sommes déjà à mi-année, et de grosses pointures ont effectué leur tant attendu retour. Ajoutez à ça, des découvertes plus que plaisantes, et on a bien failli passer à coté du nouvel arrivage de Beirut. Mis à disposition sur la toile il y a quelques jours, dans son intégralité, The Rip Tide ne sortira sous forme physique, que le 30 Aout prochain. Je ne sais pas vous, mais j'ai vraiment hâte d'être à cette date, afin de brandir au plus vite le graal, bras au ciel.
Car oui, pour son troisième album, le moins que l'on puisse dire c'est que notre chorale préférée a fait très fort. Pourtant, je ne partais pas totalement serein, suite à la parution de East Harlem - premier extrait dévoilé en juin, après une attente de 2 ans qui m' a paru une éternité. Certes, avec son rythme saccadé et son orchestration éclatante le morceau est bon, mais il ne m' a pas transcendé non plus. Cependant, mes craintes n'ont pas duré bien longtemps, et se sont très vite évaporées dès l'écoute de la première plage, A Candle's Fire. La mélodie de voix est impeccable, l'armada d'instruments bien présente, on ne peut être qu'ébahi par le talent de Zach Condon. Le jeune homme a d'ailleurs rendu un hommage à sa ville natale, avec le titre Santa Fe. Tout en retenue, à la fois électronique et intimiste, il est pour moi un des moments forts du disque. Cela vaut également pour le titre Goshen, une ballade - qui fait guise d'interlude - édifiée en pallier. Piano lancinant, choeurs envoûtants, cuivres aériens et percussions convergent pour donné lieu à un bijou sans prétention.
La deuxième partie du disque est tout aussi bonne avec la guillerette Payne's Bay. On ne peut que se représenter dans la rue principale d'une ville lambda où la fête est au rendez-vous avec des défilés d'orchestre. L'éponyme The Rip Tide, dégage une ambiance plus cinématographique à mon goût, que les autres chansons qui l'accompagnent. Je ne vois pas mieux pour sonoriser le dénouement d'un film, où deux protagonistes de sexes opposés se sépareraient tragiquement. L' ultime titre enjoué de la galette, Vagabond, donnera lieu à The Peacok, morceau où la voix de Condon est en duo avec une simple nappe sonore, durant les 3/4 du titre. Pour conclure ce disque, Port Of Call, qui est pour moi un des chefs d'oeuvres du groupe. La mélodie fait tout, et si l'on ajoute les arrangements et le vaste panel d'instruments des Américains, imaginez un peu !
Seulement neuf chansons oui, mais j'avoue n'avoir ressenti aucun manque. Et à titre personnel, je préfère les formats de ce type, évitant ainsi les chansons de remplissage. Une seule écoute a été nécessaire pour que je sois subjugué par le disque. Bref, incontestablement un des meilleurs albums de l'année.