En général, quand les gens encensent un artiste tous au même moment, cela a tendance à plus me rebuter qu'autre chose. C'est exactement ce qui m'est arrivé avec des noms comme Connan Mockasin ou plus récemment Baxter Dury. A tort, je croyais que ce dernier était le nouveau protagoniste hype à aimer obligatoirement. Imaginez ma surprise quand j'ai appris qu'on parlait là d'un quarantenaire avec plusieurs faits d'armes à son actif.
Quoi qu'il en soit, j'ai littéralement été séduit par son dernier album, Happy Soup. Je ne vais donc pas vous en parler, vous le connaissez sans doute mieux que moi. Je tenais juste à partager avec vous, le concert que l'Anglais a donné à la Maroquinerie de Paris en début de mois. Son timbre de voix se marie à merveille avec celui de sa compère Madelaine Hart. Les mélodies sont sublimes, et ses chansons pop aux sonorités 70's/80's ne tombent jamais dans la caricature. Merci à La Blogothèque et à Arte Live Web pour cette captation.
















Justice est fête
Malheureusement ces dernières semaines, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent dans les environs. Mais aujourd'hui je peux clamer haut et fort que grâce à Justice j'ai retrouvé la foi. Le duo parisien qui n'est plus à présenter était de passage samedi dernier pour un concert archi complet au Bikini.
Tant qu'à faire, autant se ramener avec quelques comparses de chez Ed Bangers pour l'occasion. C'est donc DVNO qui a ouvert la messe mais je ne m'attarderai pas sur son set qui à mon sens était plutôt banal. Monsieur Pedro Winter arrive alors sur scène et c'est la foule qui s'embrase aussitôt. Concernant sa prestation, elle était clairement supérieure à celle de son prédécesseur. Quelques moments forts comme ce Carte Blanche qui échauffe la masse. Busy P nous laisse ensuite sur un sympathique Goodbye Stranger.
Les lumières s'allument et puis finissent par s'éteindre, la foule hurle et se bouscule déjà un peu. Les deux silhouettes prennent place dans leur vaisseaux. Sans grande surprise ce sont les premières notes de Genesis qui retentissent. L'intro s'achève, quelques secondes de vide avant un chaos imminent... Le beat démarre et le Bikini explose de l'intérieur. On saute partout, par dessus les autres. C'est un peu comme si tout le monde attendais la permission, comme une espèce de délivrance. Nous voilà partis pour plus d'une heure de show. Show pendant lequel tu ne peux pas te conduire normalement.
Pour commencer je vais m'attarder sur l'ensemble scénique qui est simplement inimaginable. Il y a ce mur qui coulisse et s'ouvre horizontalement par moments pour laisser apparaitre un synthé, arrivent alors Gaspard ou Xavier qui viennent simplement s'asseoir dos au public et devant la scène pour nous jouer un petit air. Vers le milieu de cette apocalypse, un orgue de verre pousse littéralement de la scène. C'est qu'entre ces déplacements et ces éclairages (effets stroboscopiques, voile d'ampoules sur le fond de la scènes, des blocs d'amplis lumineux) il y a de quoi prendre son pied.
Et je n'ai pas encore parlé de la musique en soi. Nous y voilà, les mecs savent exactement ce qu'ils font et ce qu'ils ont à faire. Il ne se sont pas décroché un seul mot tellement qu'ils sont rodés. Les transitions sont impeccables tous comme les variantes utilisées. Je crois ne jamais avoir entendu quelque chose d'aussi puissant par moments. S’ajoute à ça la qualité acoustique du Bikini qui n'est plus à prouver. Pour ma part, j'ai plus apprécié les mix du premier album sauf peut être pour Audio Video Disco et sa transition explosive.
Contrairement à notre ami Polo, je n'écoute qu’occasionnellement de l'électro, c'est d'ailleurs pourquoi les sets de DVNO et de Busy P ne m'ont pas transcendé. Mais pour Justice, une autre magie opère, celle de la particularité. Oui Justice fait partie des rares projets de ce style avec une ambiance définissable, hors du commun et des sonorités exceptionnelles.
Ils ne se cantonnent pas au rang de Dj, ces types sont des Rock Stars nouvelle génération. Un simple signe de bénédiction pour saluer et c'est le Bikini entier qui lève les bras. Busy P l'a annoncé, toute la clique sera de retour en mai et au zénith de Toulouse et ce pour le même prix. Courez vers une place tant qu'il est encore temps pauvres fous.